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LE DIABÈTE EN HÉRITAGE

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Ma mère et neuf de ses frères et sœurs l’ont. Ma fille et moi sommes-nous à risque ?

Par Juliette Lie Baxter

Je me souviens des rares visites de ma grand-mère quand j’étais au primaire. Elle me rapportait des sacs de réglisses de sa Hollande natale (elle avait aussi des origines indonésiennes) et arrivait avec son étui rempli de fioles d’insuline qu’elle rangeait illico dans le frigo. Chaque matin, nous avions un rituel : dès qu’elle sortait sa seringue, je lui apportais sa dose d’insuline puis la regardais se l’injecter dans l’estomac. Ça ne m’inquiétait pas; j’étais juste curieuse et satisfaite d’aider ma oma, comme disent les Néerlandais.

Aujourd’hui, c’est ma mère qui voit son quotidien ponctué par le diabète de type 2, aussi appelé non insulinodépendant. Même si elle n’a pas besoin de se piquer, elle doit suivre une routine stricte, par exemple noter ce qu’elle mange à chaque repas, mesurer son taux de glycémie tous les matins avec un glucomètre et prendre deux médicaments (Amaryl et Metformin) matin et soir pour prévenir l’escalade de son taux de sucre sanguin. Bref, le diabète fait partie de mon entourage depuis longtemps… mais je n’ai pas encore eu à vivre avec. Suis-je à risque ? Et ma fille de trois ans ?

Inquiète, j’ai pris rendez-vous avec une diététiste professionnelle spécialisée en diabète afin d’en savoir plus. Surprise ! Indubala Shekhawat et moi avons des points en commun. D’abord, son nom exotique me rappelle celui de ma grand-mère; ensuite, nous sommes toutes deux prédisposées à développer un diabète de type 2, puisque cette maladie est courante dans nos familles respectives et que nous sommes, chacune, issues d’un groupe ethnique plus à risque (sud-asiatique pour elle; asiatique pour moi).

J’arrive à son bureau avec l’idée d’un reportage in-con-tour-na-ble, mais Indubala éteint vite mes prétentions littéraires avec ses recommandations terre à terre. Je venais tout juste de m’asseoir qu’elle me lance en effet : « Les régimes diabétiques n’existent pas. On peut manger ce qu’on veut dans chaque groupe alimentaire. Ce qui compte, c’est comment, quand et combien. » Mais… qu’en est-il des régimes fondés sur l’indice glycémique ou le type sanguin ? Et de ceux qui bannissent le sucre ou limitent les féculents ? « Je déconseille les régimes à la mode. Il suffit de suivre le Guide alimentaire canadien, qui est clair et simple, et de piger dans chaque catégorie d’aliments. »

Indubala sort ensuite une série d’aliments en plastique pour m’expliquer les portions, les meilleurs choix pour ma santé et la façon de contrôler ma glycémie. Je me sens un peu comme une enfant, mais sa méthode est efficace puisque sa fausse tranche de pain entraîne une réponse à mes questions sur les glucides. « L’idée, c’est de couper les mauvais glucides et de ne jamais en manger trop à la fois – sous peine de voir le taux de sucre sanguin s’affoler. » Elle préconise les aliments riches en fibres, les grains entiers (riches en nutriments) et les glucides non ou minimalement raffinés (riz brun, céréales de son, orge…), qui ont un faible indice glycémique.

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